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"Le ventre d’Haïti en images" titre le journal Le Devoir à Montréal

À l’occasion de la première présentation en Amérique du Nord de l’exposition Grottes d’Haïti, entre imaginaires et réalités, dont Stéphanie Jagou est co-commissaire, le journal Québécois Le Devoir a consacré une pleine page de son cahier week-end le 18 mars dernier.

Pour voir l’article d’Hélène Clément en ligne, c’est ici.

La Tohu présente Grottes d’Haïti, entre imaginaires et réalités, une intéressante exposition qui met en lumière toute la beauté d’un univers souterrain méconnu du grand public. Elle témoigne aussi de l’importance des richesses géologiques dans la culture et l’histoire du pays depuis ses débuts.

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Grotte Marie Jeanne
A Camp Perrin

Ici, pas besoin de casque ni de lampe frontale. C’est à travers une série de photographies grandioses, de contenus multimédias et d’informations historiques, culturelles, géologiques et archéologiques que le visiteur découvre le magnifique patrimoine souterrain d’Haïti.

« Un étonnant continent calcite, avec des centaines de kilomètres carrés de grottes, de galeries, de tunnels…, atteste Stéphanie Jagou, cocommissaire de l’exposition et spécialiste en développement durable. Nous souhaitons mettre en lumière une richesse naturelle méconnue de la population. Haïti n’est pas que malheur, le pays possède de jolis atouts dont il faut parler. »

Grottes d’Haïti, entre imaginaires et réalités, d’abord présentée à Paris en janvier 2015, puis en Martinique en décembre dernier, mérite tous les détours. Surtout si l’on est amateur de spéléologie, de photo, d’histoire, et sensible aux problématiques que rencontre ce pays.

Via un parcours libre ponctué de 46 panneaux, le visiteur pénètre dans les profondeurs de belles grottes de six départements haïtiens, l’entraînant du coup dans un voyage historique et fantaisiste.

Ancrées depuis des lunes dans l’imaginaire haïtien, ces grottes ont joué un rôle essentiel tant chez les populations précolombiennes qu’en période de marronnage et lors de la révolution haïtienne. Aujourd’hui, plusieurs d’entre elles servent de lieu d’accueil de cérémonies vaudou.

Une vue d’ensemble

« Cette exposition permet d’avoir une vue d’ensemble de l’impressionnante taille des cavités de certaines grottes, précise Stéphanie Jagou. Comme le gouffre de Séjourné, dans la Vallée-de-Jacmel, avec ses130 mètres de long et 167 mètres de profondeur. Un spectaculaire travail de l’eau, des bijoux de roches dont les couleurs dépendent des minéraux. »

Des textes littéraires contribuant à nourrir l’imaginaire accompagnent les panneaux. Comme ceux du moine catalan Fray Ramon Pané, qui a vécu avec les Taïnos, de l’historiographe Médéric Louis Elie Moreau de Saint-Mery, de Sémexant Rouzier, du poète contemporain Clotaire Saint-Natus, d’Antoine Salgado, auteur de Hauts lieux sacrés dans le sous-sol d’Haïti

Des cathédrales naturelles

Si la beauté de ces cathédrales naturelles est mythifiée dans la littérature depuis l’époque où les indiens Tainos peuplaient l’île, il n’existait, avant ce projet, aucune photographie des lieux. Grottes d’Haïti est le fruit de cinq ans de recherche effectuées par les spéléologues et photographes français Olivier Testa, Jean-François Fabriol et Carole Devillers, sous le patronage de la Commission nationale haïtienne de spéléologie, en collaboration avec l’UNESCO.

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Grotte Bellony
A Pestel

« Depuis le début de ce programme de valorisation du patrimoine souterrain, en 2009, nous avons inventorié plus de 200 grottes. Mais seule une vingtaine d’entre elles présente un intérêt esthétique, estime Olivier Testa. Parmi les plus belles : la Marie-Jeanne, située à Port-à-Piment, au sud-ouest de l’île. C’est la plus longue grotte d’Haïti connue à ce jour : quatre kilomètres de galeries étagées sur trois niveaux. Elle se visite accompagné d’un guide local.

« Y vit une colonie de 50 000 chauves-souris qui déversent chaque jour des kilos et des kilos de guano. Et dans ce guano, on va trouver des araignées, comme cette mygale orangée avec des reflets violets et des poils, l’une des plus grosses au monde. Puis des serpents et des petits scorpions, une faune tropicale parfois un peu effrayante, mais sans danger. »

L’exposition présente aussi la très jolie grotte Bellony, située à 45 minutes de Pestel, à l’ouest de Port-au-Prince ; la grotte Kounoubwa, un lieu de pèlerinage à 30 minutes de Camp Perrin, dans le sud-ouest ; les grottes Marie Za et le Trou Princeton à Mare Rouge, à 45 minutes du Môle-Saint-Nicolas. Toutes ces grottes demeurées rustiques se visitent accompagné d’un guide.

Mais ici, pas de risque de casser un brin de stalactite ou de stalagmite qui prend des milliers d’années à se former.

D’ailleurs, si l’exposition vise à faire découvrir le monde des grottes en Haïti, elle veut aussi souligner la nécessité de protéger ce beau travail d’orfèvrerie de la nature.

« Ce grand projet en est un de valorisation, mais également de protection du patrimoine souterrain dans la perspective d’un développement durable des régions rurales, explique Stéphanie Jagou. L’énorme potentiel écotouristique en Haïti ne devrait pas être ignoré. »

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Trou Princeton
Au Môle Saint Nicolas

Il est recommandé aux visiteurs de se munir de leur téléphone intelligent ou d’une tablette pour accéder aux suppléments multimédias (contes, jeu, extraits de livres…) par un code-barres QR.

Grottes d’Haïti, entre imaginaires et réalités, du 23 mars au 8 mai 2016 à la TOHU de Montréal.